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La lutte contre le gaspillage, cause nationale - Le rôle clé de l’emballage

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Annie Soyeux est chargée de mission Alimentation, santé, risques sanitaires au Centre d'études et de prospective du Ministère chargé de l’Agriculture. Elle travaille depuis de nombreuses années sur la question du gaspillage et sur le thème de l'alimentation durable.

La question des pertes et du gaspillage semble être une prise de conscience très récente pour les pouvoirs publics et les populations ?

 Les pays occidentalisés semblent se préoccuper de ces questions depuis environ une dizaine d’années, alors même que les pays du sud s’intéressent depuis les années 1970 aux problèmes des pertes agricoles.
 Tous les pays doivent veiller à leur mode de production agricole pour assurer le développement et le bien-être de leurs populations, et doivent donc s’intéresser au mode de consommation et aux problèmes concomitants de pertes et de gaspillage.
 En Europe, cet intérêt a été suscité par le biais des questions sanitaires et notamment de l’étude de l’obésité. En Grande-Bretagne notamment, où l’obésité s’est accrue de façon considérable, les autorités ont souhaité étudier et mesurer la consommation alimentaire pour tenter de définir les causes de l’obésité.

Et en France ?

 En France, le RESEDA, ce réseau de professionnels pour conforter la sécurité et la qualité des denrées animales, a réalisé en 2003 une enquête sur les pertes au niveau de la production industrielle avec l'aide de l'ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie).
 En 2007, l’ADEME a lancé une vaste étude (MODECOM) pour analyser la composition des poubelles ; elle a financé diverses études sur ce sujet que la Fédération nationale de l’Environnement a intégrées sur son site public. Le Plan National pour l’Alimentation, du ministère en charge de l'Agriculture, lancé en septembre 2010, comprend un chapitre sur le gaspillage (http://alimentation.gouv.fr/pna).
 C’est devenu un véritable enjeu à l’échelle européenne. La société Albal a publié un travail d'enquête dans plusieurs pays européens en 2011. La Commission européenne a également fait réaliser une étude dans tous les pays membres. Quant au Parlement européen, il a tout dernièrement adopté un vœu afin que la Commission se penche sur le sujet et décrète 2013 « année contre le gaspillage ».

Peut-on réellement mesurer l’impact de ces pertes sur le plan de l’environnement ?

 La définition des pertes varie selon les pays et les cultures. Ainsi, on distingue les déchets industriels organiques (freinte ou pertes selon qu'il s'agit d'un problème inhérent au procédé ou à une malfaçon), les déchets inévitables (les os, les coquilles d’œufs, etc.) et les déchets partiellement évitables (les peaux des légumes et fruits, les croûtes des fromages). En France, on estime les pertes de ce type à 89 millions de tonnes, soit 179 kg par personne sur toute la supply chain. Une récente étude de l’ADEME établit que l’on jette 20 kg de produits encore consommables dont 7 kg de produits encore emballés au niveau du consommateur et des petits commerces, y compris les restaurants.
 Mais il n’y a pas encore de définition internationale ni de ce qu'on appelle perte et son périmètre, ni du « gaspillage », et aucune méthode de mesure correcte normée pour évaluer les déchets. 

 Le rapport du groupe de travail auquel vous avez participé détaille le rôle de l’emballage dans le flux des produits de grande consommation depuis la production d’un produit emballé jusque chez le consommateur. Il apparaît que les pertes et gaspillages, dans les pays industrialisés, se produisent essentiellement au niveau de l’usage par le consommateur. De fait, que peuvent faire les acteurs de la chaîne du produit emballé ?

 J’ai trouvé passionnants tous les échanges avec l’ensemble des partenaires du groupe (industriels, distributeurs, consommateurs, etc.). Chacun pouvait dès lors connaître et mieux apprécier les contraintes de l’autre. Il y a effectivement une prise de conscience générale de la nécessité de réduire les gaspillages, qui ont un réel coût environnemental et économique (estimé à 430 € par an et par habitant en France).
 Pendant des décennies, on a pu observer des pratiques en matière d’emballage et de consommation qui conduisaient à un gaspillage notoire.
 Désormais, on se pose la question de la finitude de la planète, on étudie les cycles de vie des produits, le coût environnemental du contenu par rapport au contenant.
 Les industriels font beaucoup d’efforts et de recherches pour limiter les pertes à tous les niveaux de la chaîne alimentaire. Ainsi, j’ai trouvé très intéressantes toutes les actions menées pour établir les « taux de restitution » d’un emballage ou encore la notion de « cuillérabilité » d’un yaourt par exemple. L’emballage peut véritablement être un levier de préservation des ressources et les industriels peuvent inciter à de bonnes pratiques de prévention et d’utilisation.
 Dans un autre ordre d'idées, dans les PVD, le triple emballage en sacs, qui donne une étanchéité, permet de conserver des haricots ou des grains en tuant les larves qui se développeraient si elles disposaient d'oxygène. 

 Mais y a-t-il véritablement une marge de manœuvre pour les industries agroalimentaires notamment dès lors qu’elles sont contraintes par un ensemble de règles sanitaires très strictes en matière de sécurisation microbiologique (les DLC et autres DLUO) ? Autrement dit, comment peut-on concilier le souci des consommateurs d’acheter des produits de plus en plus sains et la volonté de réduire les emballages ?

 Il me semble que l’on devrait, à l’échelle européenne, travailler à un meilleur affichage mais également à une meilleure compréhension par les consommateurs de la notion de DLC et de DLUO. Souvent, ces indications ne sont pas très lisibles ou mal comprises. La notion « d'utilisation optimale », par exemple, mériterait peut-être une campagne d’explication : ce n’est pas parce qu’un produit a dépassé cette date qu’il n’est plus consommable. On pourrait penser aussi à changer la formulation (par exemple « meilleur avant le »).
 Les récents problèmes de contamination de certains produits alimentaires ne doivent pas effrayer les consommateurs. Les produits agro-alimentaires notamment sont de plus en plus surveillés et font l’objet d’un soin accru. Plus le produit est sain et de bonne qualité et plus sa durée de vie est longue et les industriels dans l’agroalimentaire et la cosmétique le savent bien. Ils œuvrent également pour revoir certains procédés industriels afin de faire des économies de matière, ce que détaille et préconise le rapport lui-même. 

 Quelle est l’action menée par les pouvoirs publics dans cette optique ? 

 Dans le cadre du Plan National pour l'Alimentation, les pouvoirs publics ont lancé des études afin de savoir plus précisément ce qui est jeté et par qui, quels sont les freins à la réduction du gaspillage. La taxation des déchets organiques des gros producteurs sera un moteur (voir le rapport du CND, comité national des déchets 2011), comme l’augmentation de la redevance d'assainissement de l'eau l'a été au début des années 2000. Cela va conduire certainement les industriels à amplifier encore leurs efforts et notamment les industriels du génie des procédés à étudier davantage la limitation des pertes de matière dans les produits alimentaires. 

 Est-ce que le souci des industriels de l’emballage de proposer des « produits recyclables » ne conduit pas finalement le consommateur à jeter facilement avec une sorte de bonne conscience tout emballage ?

 Non, je ne pense pas, parce que de plus en plus le consommateur-citoyen est incité à trier ses déchets. L’entreprise de traitement de déchet SITA, par exemple, a mis en place un système ingénieux : quand un consommateur trie ses emballages, la SITA reverse, au prorata des tonnes de déchets récupérés, une contribution aux banques alimentaires. C’est un système gagnant-gagnant, pour les collectivités également, qui favorise le recyclage. Des opérations de ce type se multiplient au niveau local. 

 Comment envisager la réallocation aux acteurs sociaux et une politique de « don » plus facile, plus pratique ?

 C’est bien évidemment une option à laquelle nous réfléchissons tous mais il y a de nombreux obstacles juridiques (DLC) et de responsabilité du professionnel (Paquet Hygiène) mais surtout des obstacles logistiques (chaîne du froid, camion, livraisons, etc.). Une bourse aux dons, à l'initiative du ministère chargé de l'agriculture, dans le cadre du PNA (DGAl) est en cours de mise en place pour faciliter les contacts entre professionnels. Des usines de « désemballage » sont également mises en place afin que les aliments sains mais non-vendus puissent être utilisés au moins pour l’alimentation animale. 

 De manière générale, que pensez-vous des campagnes d’information voire d’ « éducation » des consommateurs, en matière de gestion des produits, de planification d’achats… ?

 Des actions sont menées en ce sens notamment dans les écoles et les collèges où l’on propose aux enfants de faire du jardinage, de la cuisson de légumes et du compost avec le reste des assiettes…
 Les mentalités évoluent, les choses bougent c’est certain et on peut s'en féliciter. Faire passer des messages simples tels « lorsque vous jetez une demi-baguette, vous jetez également une demi baignoire d’eau (celle qui a servi à faire pousser les céréales et à fabriquer le pain) » ou « chaque année, vous jetez près de 500 euros (par personne) dans votre poubelle »…cela incitera à la réflexion…

 

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Source :  http://www.conseil-emballage.org/

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